Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

La colère de l’enfant inquiète nous inquiète souvent en tant que parents.
Elle peut être vécue comme une perte de contrôle, un manque de respect, voire comme le signe d’un mal-être profond.

Face à ces explosions émotionnelles, nous oscillons parfois entre deux extrêmes :
tout laisser passer au nom de l’accueil des émotions, ou réagir de manière excessive par peur de perdre toute autorité.

Or, la colère n’est ni un caprice, ni nécessairement une souffrance psychique.
Elle est souvent un signal, qui mérite d’être compris et contenu dans un cadre éducatif sécurisant.


1. La colère : une émotion normale, mais pas toute-puissante

La colère fait partie du développement émotionnel de l’enfant.
Elle apparaît souvent lorsque :

  • une limite est posée
  • une frustration survient
  • un désir n’est pas satisfait
  • une attente est imposée

À partir d’un certain âge, notamment vers 7–9 ans, la colère peut aussi devenir un outil relationnel :
un moyen de tester le cadre, de reprendre du pouvoir ou d’éviter une frustration.

Accueillir l’émotion ne signifie pas valider le comportement.
Un enfant a le droit d’être en colère, mais il n’a pas tous les droits dans la manière de l’exprimer.


2. Quand la colère devient envahissante

Un enfant qui se met fréquemment en colère n’est pas forcément en souffrance psychique.
Très souvent, la colère apparaît lorsque :

  • le cadre est flou ou changeant
  • les règles sont négociées en permanence
  • la frustration est difficilement tolérée
  • l’enfant a appris que la colère permet d’obtenir plus vite

Dans ces situations, la colère est une protestation, pas un symptôme pathologique.

Il est important de rappeler une idée clé :
la frustration fait mal, mais elle ne fait pas souffrir au sens psychique.
Ce qui fragilise l’enfant, ce n’est pas la limite, mais l’incohérence, l’imprévisibilité, l’humiliation ou la violence.


3. Restaurer une autorité calme et contenante

Face à la colère, l’enjeu n’est pas de convaincre, d’expliquer longuement ou de psychologiser à l’excès.
Dans le moment de crise, l’enfant n’est pas disponible pour la réflexion.

Ce dont il a besoin, c’est :

  • d’un adulte calme
  • prévisible
  • non négociable
  • capable de tenir le cadre sans écraser l’enfant

La régulation émotionnelle vient après la crise, jamais pendant. Le time-out peut aussi être utilisé pour stopper l’escalade de la tension (voir chapitre 6)


4. Séparer l’enfant de son comportement

Un point fondamental consiste à distinguer clairement :

  • la valeur de l’enfant (inconditionnelle)
  • ses comportements (conditionnés)

Des formulations simples peuvent aider :

« Je t’aime, mais je n’accepte pas cette façon de parler. »

« Tu as le droit d’être en colère, tu n’as pas le droit d’être irrespectueux. »

On valorise l’effort, l’autocontrôle, le retour au calme, pas l’émotion brute.


Quand la colère sert à obtenir

Si un enfant a appris que la colère permet d’accélérer une réponse, d’obtenir un privilège ou de capter l’attention, il est essentiel de changer la règle du jeu.

Toute demande exprimée sur un mode agressif :

  • n’est pas traitée
  • est différée

Une phrase simple suffit :

« Je t’écouterai quand tu parleras calmement. »

Lorsque cette règle est mise en place, il est fréquent d’observer une aggravation transitoire du comportement :
colères plus intenses, provocations, cris.
C’est ce que l’on appelle un pic d’extinction : l’enfant teste plus fort ce qui fonctionnait auparavant.

❌ Ce n’est pas un échec.
💫 C’est précisément le signe que le cadre est en train de changer.


Le temps de pause (time-out) : un outil de désescalade, pas une punition

Dans certaines situations, notamment lorsque la crise s’intensifie, un temps de pause peut être utilisé. L’enfant est conduit dans un endroit sans distraction : une marche d’escalier, une chaise dans un couloir… et doit respecter un temps de pause, seul ou avec une présence silencieuse de l’adulte si l’enfant a un tempérament anxieux. Le temps de pause débute seulement lorsque l’enfant cesse de tenter de négocier ou de refuser le temps de pause. L’adulte ne doit pas argumenter ou utiliser ce temps de pause pour faire la morale à l’enfant, c’est un temps pour revenir au calme, les explications se feront ultérieurement, à un moment propice.

L’objectif n’est pas de punir, mais de :

  • couper l’escalade
  • retirer le renforcement (obtenir de l’attention même si elle est sous forme de conflit)
  • permettre un retour au calme
  • rappeler que certains comportements ont des conséquences

Le time-out ne concerne jamais une émotion, mais un comportement (insultes, cris, non-respect répété d’une règle).

Il doit être :

  • annoncé à froid
  • appliqué calmement
  • court (1 minute par année mais 5 minutes peuvent suffire même pour les enfants au-dessus de 5 ans)
  • prévisible
  • suivi d’un retour au lien : valorisation du retour au calme

Une sanction efficace est toujours contenante, limitée dans le temps et réparatrice.


Et si la colère cachait une souffrance ?

Dans la grande majorité des cas, la colère est une réaction normale à la frustration.
Mais si, malgré un cadre clair et constant, les colères persistent ou s’aggravent, il est important de rester attentif à certains signaux :

  • tristesse diffuse
  • anxiété
  • retrait
  • troubles du sommeil
  • baisse de l’estime de soi
  • somatisations
  • agressivité hors contexte de frustration immédiate

Dans ces situations, un accompagnement psychologique peut aider à comprendre ce qui se joue pour l’enfant et à ajuster le cadre éducatif.


En conclusion

Un enfant qui se met en colère face à une limite est souvent un enfant qui se sent suffisamment en sécurité pour protester.
La colère n’est pas l’ennemie de l’éducation ; c’est le cadre qui lui est donné qui fait toute la différence.

Tenir une limite avec calme, constance et prévisibilité est l’un des plus grands cadeaux éducatifs que l’on puisse offrir à un enfant.

Cet article s’inspire notamment des travaux de Didier Pleux, intégrés ici dans une approche clinique nuancée et individualisée.

Besoin d’un accompagnement personnalisé ?

Chaque enfant exprime la colère à sa manière, et chaque situation familiale est singulière.
Lorsque les colères deviennent difficiles à contenir, que le cadre s’érode ou que les parents se sentent démunis, un espace d’accompagnement peut aider à comprendre ce qui se joue et à retrouver des repères éducatifs plus sécurisants.

Pour approfondir ces questions, vous pouvez également lire :

Adresse :
Centre culturel Les Ateliers de la Côte
Atelier N111
Route de Pallatex 5
CH-1163 Etoy

  sonia.dafonseca@psy-harmonie.com

  078 205 05 46

Newsletter

Sonia Da Fonseca – Psychologue – IDE : CHE-307.428.613 – Registre du commerce (VD) – © 2026 Psy Harmonie Gomes-Da-Fonseca Sonia. Tous droits réservés.

Our site uses cookies. Learn more about our use of cookies: cookie policy